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                                  LE PETIT JOURNAL SPORTIF DE LA VIENNE    Page 1   

                                              
                                     ... LUNDI 23 DECEMBRE ...

          Loto de l'US Les Ormes des 28 et 29 décembre 2013


                                                                                 

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 Qu'est-ce qui fait courir les filles après le ballon qui tourne pas rond 
Rugby - fédérale 1 féminine : Plus qu'une équipe, une famille

Plus qu'une équipe, les joueuses du Stade Poitevin forment une vraie famille. - Plus qu'une équipe, les joueuses du Stade Poitevin forment une vraie famille. - (Photos cor., Mathieu Gouy)

Plus qu'une équipe, les joueuses du Stade Poitevin forment une vraie famille. - (Photos cor., Mathieu Gouy)

Solidaires à l’extrême, les joueuses du Stade Poitevin Rugby portent haut les valeurs du sport féminin dans une discipline réputée plutôt masculine.

L'image a valeur de symbole. À quelques secondes de la fin de la première mi-temps du match qui oppose Poitiers à Gaillac, Charlotte Gendreau se jette sur un ballon pour éviter qu'une adversaire file à l'essai. Le choc est rude. Sévérement blessée, la Poitevine ne se relève pas. Diagnostic : grosse contusion osseuse au niveau de la colonne vertébrale.

Quelques heures auparavant, lors du repas d'avant-match, celle qui, dans une autre vie était patineuse artistique, confiait : « Si l'une d'entre-nous est en danger, aucune n'hésitera à lui prêter main forte. » Claire Jadeau précisait la pensée de sa coéquipière : « on est capables de sortir sur une civière pour les copines ».
De la parole aux actes…

" Il suffit de rien pour avoir tout "

Ainsi sont " Les Mandragores ", surnom donné aux filles du Stade Poitevin. Évoluant en Fédérale 1 (N.D.L.R : l'équivalent de la 3e division), les Poitevines forment plus qu'une équipe. Il suffit de les suivre un jour de match pour comprendre. Les trois entraînements de deux heures par semaine et les rencontres ne leur suffisent pas.« On organise des soirées, des bowlings, des repas de Noël. On édite un calendrier », précise Sophia Roque, la manager et responsable de la section féminine du club.« On ne peut pas passer deux jours sans se voir », ajoute Claire Jadeau. « Pour un déménagement, vingt-cinq filles peuvent venir et l'affaire est pliée en dix minutes », sourit Charlotte Gendreau. 
Au total, l'effectif - parlons plutôt " d'affectif " dans ce cas précis - est composé de trente-deux joueuses confirmées ou débutantes. Tiphaine Pouret, 19 ans, en est la benjamine et Marie Bourret, 37 ans, la doyenne. « Si toutes ne peuvent jouer, toutes sont concernées par la vie du groupe. Chacune a sa place », souligne Sophia Roque. Combat, travail, solidarité, humilité, respect : autant de vertus ancestrales du rugby que les Poitevines ont fait leurs. Car l'ovalie ne se conjugue pas qu'au masculin. Oui, on peut être femme et plaquer comme un homme. « Les hématomes sont comme des trophées. Si on n'en a pas, c'est qu'on n'a pas tout donné sur le terrain », insiste la capitaine Gaëlle Blanchet. Les contusions n'empêchent cependant pas la féminité.« Lorsqu'on sort des douches habillées, coiffées et maquillées, les gens ne nous reconnaissent pas », se marre Claire Jadeau. 
Si les mœurs changent, " Les Mandragores " doivent toujours lutter contre les préjugés.« Pour certains, c'est une hérésie de voir des filles jouer au rugby. Ces réflexions et le manque de reconnaissance constituent une force », avoue Sophia Roque. Par leur état d'esprit exemplaire et leurs excellents résultats, les Poitevines ont fait beaucoup pour leur sport, comme pour leur club. Et Charlotte Gendreau de conclure, « Entre nous, il y a beaucoup de partage et de tolérance. Avec nous, il suffit de rien pour avoir tout. »Comme dans une vraie famille…

Rugby - La question : Est-il facile d'entraîner une équipe féminine lorsqu'on est un homme ?
Olivier Busson, l'un des deux entraîneurs avec Mickaël Moalli. - Olivier Busson, l'un des deux entraîneurs avec Mickaël Moalli.
Olivier Busson, l'un des deux entraîneurs avec Mickaël Moalli.

A entendre Mickaël Moalli et Olivier Busson, les deux entraîneurs de l'équipe féminine du Stade Poitevin Rugby, la réponse est non. « Je viens de l'école de rugby. C'est un autre univers. On fait plus de la psychologie que du rugby pur », confie Olivier Busson, arrivé cet été.« Contrairement aux garçons, on ne peut pas mettre les filles en concurrence sur un même poste. Elles vont se remettre en question en essayant d'être meilleures, mais pas pour prendre la place de la copine », ajoute Mickaël Moalli, dont c'est la deuxième saison à la tête de l'équipe. « Nous devons sans cesse justifier nos choix, expliquer tel ou tel exercice car elles ont du mal à positiver. Elles se mettent très peu en valeur et doutent beaucoup », ajoute-t-il. Mais aucun n'échangerait sa place. « On s'investit beaucoup, mais elles nous le rendent le dimanche », confie Moalli. « Elles me procurent beaucoup d'émotions et un plaisir immense en terme de jeu. Elles m'aident peut-être plus que moi je ne les aide », conclut Busson.

Pourquoi sont-elles si attachées au rugby ? : Sophia Roque (manager)

                                    Sophia Roque (40 ans). -

                                        Sophia Roque (40 ans).

« J'ai treize ans de rugby derrière moi. D'abord comme joueuse pendant neuf saisons puis comme dirigeante. J'ai une relation passionnelle avec cette discipline qui véhicule les valeurs d'humilité, de respect et de solidarité. Il y a un côté militant dans le sport féminin pour que les filles soient considérées comme des sportives et pas comme de simples femmes. »

Rugby - Claire Jadeau (première ligne)

                                    Claire Jadeau (23 ans). -

                                         Claire Jadeau (23 ans).

« Mon père jouait au Stade Poitevin. J'allais le voir à tous ses matchs lorsque j'étais petite. Après avoir débuté par le hand, je me suis mise au rugby. Pour moi, c'est un défouloir. Cela me permet de me surpasser. Je veux tout donner sur le terrain pour mes copines. Le rugby, c'est ma vie, ma deuxième famille.»

Rugby - Lydie Provost (troisième ligne)

                                                 Lydie Provost (35 ans) -

                                                  Lydie Provost (35 ans)

« J'ai arrêté le rugby pendant deux ans pour cause de maternité (NDLR : elle est la maman de deux garçons, Tom et Théo). Cela me manquait, notamment l'ambiance et la vie du groupe. J'ai besoin d'avoir ces moments pour moi. Ma vie de femme passe aussi par le rugby. Ce sport me permet de m'exprimer alors que je suis plutôt discrète. »

Rugby - Charlotte Gendreau (trois-quart centre)

                                                  Charlotte Gendreau (23 ans). -

                                                  Charlotte Gendreau (23 ans).

« Avant, je faisais du patinage artistique. Mon entourage n'a pas forcément bien vécu mon passage au rugby. Mon père, ancien boxeur, était plutôt content mais ma mère a cru que je faisais une crise d'adolescence à retardement avant de l'accepter. Depuis, ma petite sœur joue avec les cadettes du Stade Poitevin et tout le monde est content. »

Rugby - Gaëlle Blanchet (ouvreur, capitaine)

                                           Gaëlle Blanchet (28 ans) -

                                                Gaëlle Blanchet (28 ans)

« J'ai rejoint le Stade Poitevin il y a six ans. Avant, je jouais au foot mais j'ai toujours connu le rugby car mon père et mes frères évoluaient au Stade Rochelais. Il y a toujours eu des ballons ovales à la maison. Je savais que cela allait me plaire. On peut être femme et joueuse de rugby en même temps même si c'est un sport catalogué pour garçons.