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Châtellerault :

7 novembre 2013 - 09:55

Sur les traces de la manu.

Châtellerault : Sur les traces de la manu.

Châtellerault - Sur les traces de la manu : 1. Le 14 Juillet c'est aussi une fête locale

Une lithographie de 1837. - (dr)

L’acte de naissance de la Manufacture date du 14 juillet 1819, bien avant que la date ne soit fixée comme fête nationale.



Certes, le 14 juillet n'est pas encore une fête nationale lorsque le roi Louis XVIII et ses ministres signent ce jour de 1819 l'ordonnance qui scelle l'acte de naissance de la Manufacture royale d'armes de Châtellerault. Mais peut-être ont-ils songé à cet anniversaire ?

En tout cas, la décision a été mûrement réfléchie depuis 1816 avec le maire influent Robert-Augustin Creuzé et son conseil municipal, qui achètent un grand terrain agricole de 11 hectares sur la rive gauche au confluent de la Vienne et de l'Envigne et le cèdent à l'État. 
Pourquoi le choix de construire une manufacture d'armes dans cette petite ville du Centre-Ouest de 8.000 habitants ? 
D'abord, pour des raisons militaires : le gouvernement français tire les leçons des défaites de l'Empire, particulièrement de celle des Cent jours à Waterloo en 1815, et du risque à maintenir des manufactures d'armes sur la frontière Est, proche des armées ennemies. Il est donc décidé de les déplacer vers le centre. Celle du Klingenthal en Alsace se repliera donc à Châtellerault avec ses armuriers très qualifiés qui ont perdu leur emploi et viennent de se mettre en grève.

On mise sur le débit de la Vienne

Même s'ils vont y perdre beaucoup de leurs privilèges et de leur indépendance, Châtellerault représente une relative aubaine. 
Quant aux couteliers, leur présence a certes favorisé l'implantation de la manufacture mais pas de manière durable. Peu qualifiés pour fabriquer des sabres, ils eurent du mal à honorer la première commande.
La situation géographique de Châtellerault a également compté dans la décision : placée sur la grande voie de communication vers Bordeaux et l'Espagne, la ville pourrait permettre de mener la guerre au sud (le soutien au roi d'Espagne et les conquêtes méditerranéennes). Et puis, même si la vapeur a fait son entrée dans l'industrie, l'eau est encore l'énergie motrice la plus recherchée. On mise donc sur le débit de la Vienne pour créer des usines hydrauliques productives et mécanisées, à l'image de l'armurerie anglo-saxonne. Mais les audacieux contemporains avaient-ils pris la mesure du coût d'une telle entreprise et des caprices des eaux ?....Mercredi prochain, « La Manu, un grand moulin ».

Châtellerault - Sur les traces de la manu :

 

P. Bugnet et M.-C. Albert entourant ici la présidente du CCHA. Albert P. Bugnet et M.-C.entourant ici la présidente du CCHA.

La Manufacture d'armes de Châtellerault, une histoire sociale. C'est sous ce titre que Marie-Claude Albert, Pierre Bugnet, David Hamelin et Patrick Mortal ont publié en septembre dernier un ouvrage imposant sur l'histoire des hommes qui ont fait la Manu. Un ouvrage riche et passionnant qu'on a trouvé dommage de ne pouvoir présenter que par un article lors de sa parution. C'est ainsi qu'avec l'accord des auteurs et de l'éditeur nous avons décidé de lui consacrer une série d'articles tout au long de cette année scolaire jusqu'au mois de juin. 
Les deux Châtelleraudais de l'équipe, Marie-Claude Albert et Pierre Bugnet, accompagnés sur un épisode par Françoise Metzger, s'appliqueront donc à détailler la riche histoire de la manufacture. De l'arrivée des Alsaciens à la fermeture, en passant par la mécanisation, le syndicalisme ou la Résistance, chaque mercredi, ils vous proposeront de les suivre dans cette passionnante aventure que représentent les 150 ans d'histoire de cet emblème du Châtelleraudais.
A cette occasion, Geste Éditions vous propose de gagner des ouvrages sur la région. Pour cela, il vous suffit de découper le bulletin ci-contre et de le renvoyer à l'adresse indiquée.

« La Manufacture d'armes de Châtellerault, une histoire sociale (1819-1968) », chez Geste Éditions. 424 pages. 25 €

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